Sommaire
- Peinture, lasure opaque ou lasure non filmogène : trois familles, trois comportements
- Phase aqueuse ou solvantée : ce que les plafonds COV imposent réellement
- La contrainte de teinte que la plupart des guides oublient
- Préparer le bois : l’étape qui décide de la tenue du système
- Fenêtre d’application : pourquoi il faut lire la fiche technique avant d’ouvrir le pot
- Ponçage et décapage : le volet sécurité que personne ne traite
- Entretenir, repasser, et choisir un produit moins impactant
- Sources
Une peinture pour boiserie extérieure se choisit sur quatre informations — et aucune des quatre ne figure sur la face avant du pot : la sous-catégorie réglementaire dont relève le produit, sa teneur en composés organiques volatils, la clarté de la teinte visée, et la fenêtre de température que le fabricant autorise. Ces quatre lignes se lisent sur la fiche technique, un document public que les marques mettent en ligne et que presque personne n’ouvre avant de passer en caisse.
La règle de décision tient en une phrase : la bonne peinture est celle dont la fiche technique est compatible avec votre bois, votre teinte et votre météo. « Haute résistance », « spécial volets », « protection longue durée » : ces mentions ne se vérifient nulle part. Les valeurs qui suivent, si — elles viennent de textes réglementaires, de normes publiées et des fiches techniques de trois produits que l’on trouve dans le même rayon.
Peinture, lasure opaque ou lasure non filmogène : trois familles, trois comportements
Réponse directe avant le détail. Un film opaque masque totalement le bois et tient longtemps, mais il s’écaille en fin de vie et impose un décapage. Une lasure opaque forme un film semi-stable, plus souple, qui s’use plutôt qu’il ne cloque. Une lasure non filmogène ne laisse qu’un film moyen inférieur à 5 µm (directive 2004/42/CE, annexe I) : elle se rafraîchit sans décapage, au prix d’un pouvoir masquant quasi nul et d’un entretien plus fréquent.
Ce découpage n’est pas une invention de marketing. La norme NF EN 927-1, « Peintures et vernis — Produits de peinture et systèmes de peinture pour le bois en extérieur — Partie 1 : classification et sélection », publiée le 13/04/2013 (AFNOR, Norm’Info), prescrit un système de classification des produits pour bois extérieur par catégories d’usage final, d’aspect et de conditions d’exposition, et définit les composants d’un système multicouche : couche primaire, sous-couche, finition. Un « système » n’est donc pas un pot, c’est un empilement cohérent.
La directive européenne s’appuie directement sur cette norme : elle définit la lasure opaque par renvoi à la catégorie « semi-stable » de l’EN 927-1, et la lasure non filmogène par son épaisseur de film au sens de l’EN 927-1:1996 (annexe I de la directive 2004/42/CE). La frontière que le rayon présente comme commerciale est d’abord une frontière juridique — et, comme on va le voir, elle commande le plafond de solvants autorisé dans le pot.
Conséquence pratique : choisir entre les trois familles n’est pas un arbitrage esthétique, c’est le choix d’un mode de vieillissement. Film opaque = belle tenue puis décapage. Lasure opaque = compromis, reprise par ponçage léger. Lasure non filmogène = aspect bois, reprise facile, chantier d’entretien plus rapproché. Sur un bardage de grande surface, la question « saurai-je décaper ça dans huit ans ? » pèse plus lourd que la teinte.
| Support | Contrainte dominante | Famille à privilégier | Raison |
|---|---|---|---|
| Volets plein sud | UV, échauffement, chocs thermiques | Peinture de finition opaque, teinte claire | Film garnissant et lessivable, mais teinte contrainte (voir plus bas) |
| Portail à assemblages | Pluie battante, jeux mécaniques aux assemblages | Lasure opaque (semi-stable) | Film souple qui accompagne les mouvements du bois |
| Bardage résineux | Grande surface, vieillissement irrégulier | Lasure non filmogène ou lasure opaque | Entretien par rafraîchissement, décapage impraticable sur cette surface |
| Abri de jardin | Exposition complète, exigence esthétique modérée | Lasure non filmogène | Le protocole d’entretien le plus simple à tenir dans la durée |
| Mobilier, main courante | Contact, frottement, nettoyage fréquent | Peinture de finition opaque | Film continu, nettoyable, résistant à l’abrasion |
Phase aqueuse ou solvantée : ce que les plafonds COV imposent réellement
Le débat « acrylique contre glycéro » se tranche mal à l’odeur et bien avec l’annexe II A de la directive européenne. Depuis le 1er janvier 2010, chaque sous-catégorie de produit a son plafond de composés organiques volatils, et ce plafond dépend précisément de la famille identifiée à la section précédente.
| Sous-catégorie | Phase aqueuse | Phase solvant |
|---|---|---|
| d) Peintures intérieur/extérieur pour finitions et bardages bois ou métal | 130 g/l | 300 g/l |
| e) Vernis et lasures de finition, y compris lasures opaques | 130 g/l | 400 g/l |
| f) Lasures non filmogènes | 130 g/l | 700 g/l |
Comparez maintenant avec l’intérieur : une peinture mate murale est limitée à 30 g/l (directive 2004/42/CE, annexe II A). L’écart explique à lui seul une anomalie apparente du rayon : les formulations solvantées ont pratiquement disparu des peintures murales intérieures parce qu’aucune glycéro classique ne passe sous 30 g/l, alors qu’elles restent parfaitement légales dehors, où le plafond est dix fois plus haut. Ce n’est pas une survivance, c’est une règle différente.
Deux produits réels montrent les deux extrêmes de cette latitude. La fiche technique Sikkens « Peinture Bois Extérieur », à résines alkyde et acrylique en dispersion aqueuse, annonce au maximum 30 g/l pour une limite réglementaire de 130 g/l dans sa catégorie A/e (FT Sikkens, octobre 2019). La fiche Tollens « Peinture Extérieure Bois », à résines alkydes en phase solvant, annonce au maximum 299 g/l pour une limite de 300 g/l dans la catégorie A/d (FT Tollens, septembre 2022). Le second est dix fois plus chargé en solvants que le premier, et les deux sont en conformité stricte. Détail instructif au passage : le produit Sikkens est rattaché à la catégorie e) des vernis et lasures, pas à la catégorie d) des peintures de finition — la classification suit la formulation, pas le nom commercial.
Reste une confusion à dissiper, entretenue par la quasi-totalité des pages du sujet. L’étiquette A+ à C collée sur le pot ne dit rien de la tenue dehors. Cet étiquetage est obligatoire depuis le 1er septembre 2013 au titre de l’arrêté du 19 avril 2011 et des articles R. 221-22 et suivants du code de l’environnement ; il concerne les produits de construction et de décoration destinés à un usage intérieur, classe les émissions en polluants volatils de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions), et son absence constitue une contravention de 5e classe (ministère de la Transition écologique). C’est une information de qualité de l’air intérieur. Elle ne mesure ni la résistance aux UV, ni le comportement au gel, ni la tenue à la pluie battante.
Le critère de décision honnête, une fois les plafonds connus : la phase aqueuse apporte souplesse de film, faible odeur et nettoyage à l’eau ; la phase solvant apporte garnissant, mouillage et enrobage des arêtes vives — précisément les zones où un film extérieur lâche en premier. Aucune des deux n’est universellement supérieure. Le départage se fait sur le support, la teinte et, très concrètement, sur la météo de votre semaine de chantier.

La contrainte de teinte que la plupart des guides oublient
Voici le point que les pages marchandes ne mentionnent jamais et qui invalide pourtant une partie des projets « volets anthracite ». Selon le NF DTU 59.1, seules les teintes dont l’indice de luminance lumineuse Y ou LRV dépasse 35 % sont admises sur les surfaces susceptibles d’être exposées au soleil — règle reprise telle quelle dans la fiche technique du fabricant (FT Sikkens, octobre 2019), qui renvoie explicitement sa mise en œuvre au NF DTU 59.1 (NF P 74-201-1 et 2).
Le NF DTU 59.1 P1-1, « Travaux de bâtiment — Revêtements de peinture en feuil mince, semi-épais ou épais — Partie 1-1 : cahier des clauses techniques types », a été publié le 22/06/2013 et confirmé le 30/11/2018 (AFNOR, Norm’Info). Il couvre les travaux de peinture en extérieur comme en intérieur, en neuf comme en rénovation, sur tous subjectiles dont le bois, dans toutes les zones climatiques françaises. C’est le texte auquel un peintre professionnel se réfère en cas de litige.
Le mécanisme est simple. Une teinte sombre absorbe le rayonnement, le film et le bois montent en température, le support gonfle et se rétracte davantage que le film ne peut l’accompagner. Résultat : faïençage, perte d’adhérence sur les arêtes, décollement prématuré. Sur un volet plein sud, la différence entre un gris clair et un anthracite ne se joue pas sur le prix du pot mais sur la fréquence des reprises.
Comment vérifier avant d’acheter. Le LRV figure sur les nuanciers professionnels, souvent en petits caractères à côté de la référence de teinte, parfois sous l’intitulé « indice de luminance » ou « Y ». Quand la marque ne le publie pas — c’est fréquent en grande surface de bricolage —, deux options : demander la valeur au service technique du fabricant, ou se rabattre sur une teinte franchement claire, qui ne pose pas la question. Une teinte moyenne non documentée sur une façade plein sud est un pari, pas un choix.
Cas concret des volets noirs ou anthracite en plein sud : rien ne vous interdit de le faire chez vous, mais vous sortez du domaine couvert par le DTU. En pratique, cela signifie qu’un professionnel refusera souvent d’engager sa garantie décennale sur ce point, et que vous devez intégrer un entretien plus rapproché dans votre budget. C’est une décision à prendre en connaissance de cause, pas une interdiction.
Préparer le bois : l’étape qui décide de la tenue du système
Trois états de départ, trois protocoles. Un bois brut neuf demande un égrenage, un dépoussiérage et, selon l’essence, une sous-couche. Un ancien film en bon état demande un ponçage d’accrochage. Un ancien film dégradé demande un décapage, partiel ou total. Confondre les trois est la cause la plus banale d’un chantier à refaire.
Les grains sont documentés par les fabricants, pas à l’appréciation de chacun : la fiche technique Syntilor prescrit un ponçage grain 80 sur bois brut ou film dégradé et grain 120 sur film sain, avec dépoussiérage systématique (FT Syntilor, octobre 2019). Un grain trop fin sur un bois brut ne suffit pas à ouvrir le support ; un grain trop grossier sur un film sain crée des rayures que la finition ne comblera pas.
Sur une ancienne lasure, il existe un test que la plupart des guides ignorent et qui prend deux minutes : le test de détrempe à l’alcool à brûler. On imbibe un chiffon, on frotte une zone discrète ; si le film se détrempe, le décapage devient obligatoire avant toute application (FT Sikkens, octobre 2019). Appliquer une finition sur un film qui se redissout, c’est construire un système qui se décollera en bloc.
Les bois denses et tanniques — chêne, bois exotiques — posent un problème distinct : les tanins remontent à travers le film et le tachent. La fiche Tollens préconise dans ce cas une sous-couche glycéro destinée à limiter ces remontées (FT Tollens, septembre 2022). Le sujet du choix et du rôle réel d’une sous-couche est traité à part dans notre article sur l’utilité d’une sous-couche selon le support.
Dernier point, le plus sous-estimé : l’humidité du bois. La fiche Syntilor exige 3 jours minimum de beau temps avant application en extérieur et aucun risque de pluie dans les 24 heures qui suivent (FT Syntilor, octobre 2019). Un volet peint le lendemain d’un épisode pluvieux enferme l’eau sous le film.
Checklist de préparation en 6 points
- Identifier l’état de départ : bois brut, film sain, film dégradé.
- Sur ancienne lasure, faire le test de détrempe à l’alcool à brûler.
- Poncer au grain prescrit par la fiche technique du produit retenu, jamais « au jugé ».
- Dépoussiérer intégralement, arêtes et feuillures comprises.
- Vérifier l’essence : bois tannique ou dense, prévoir la sous-couche adaptée.
- Vérifier la météo des 3 jours écoulés et des 24 heures à venir.
Fenêtre d’application : pourquoi il faut lire la fiche technique avant d’ouvrir le pot
« Appliquer par temps sec » : la formule figure partout et ne sert à rien, parce que les fabricants ne sont pas d’accord entre eux. Sikkens autorise l’application en extérieur entre +5 °C et +35 °C, avec une hygrométrie inférieure à 80 % HR (FT Sikkens, octobre 2019). Syntilor interdit l’application en dessous de 12 °C et au-dessus de 25 °C (FT Syntilor, octobre 2019). Deux produits du même rayon, deux calendriers de chantier incompatibles.
Traduction concrète : avec la première, une matinée de mars à 8 °C est exploitable ; avec la seconde, elle ne l’est pas. À l’inverse, une journée d’août à 30 °C en façade sud reste dans le domaine Sikkens et sort du domaine Syntilor. Choisir le produit avant de regarder la météo de la semaine, c’est se condamner à appliquer hors spécification — ce qui, en cas de défaut, annule toute discussion avec le fabricant.
| Produit | Liant et phase | COV annoncé (limite) | Fenêtre d’application | Recouvrable | Rendement par couche |
|---|---|---|---|---|---|
| Sikkens Peinture Bois Extérieur | Alkyde + acrylique, dispersion aqueuse | ≤ 30 g/l (limite 130 g/l) | +5 à +35 °C, < 80 % HR | ≈ 6 h (sec au toucher ≈ 2 h) | 9 à 12 m²/L |
| Tollens Peinture Extérieure Bois | Alkyde, phase solvant | ≤ 299 g/l (limite 300 g/l) | Non précisée dans la fiche consultée | 24 h (sec au toucher 6 h, à 20 °C et 65 % HR) | 16 m²/L (mesuré selon NF T 30-073) |
| Syntilor Peinture Bois Microporeuse | Polyuréthane, phase aqueuse | Non relevé sur la fiche consultée | 12 à 25 °C | 2 h entre couches, 48 h maximum | 12 m²/L |
Le délai maximal entre deux couches mérite une attention particulière : Syntilor impose de ne pas dépasser 48 heures entre les couches. Passé ce délai, l’accrochage chimique n’est plus assuré et il faut reprendre par un ponçage. Beaucoup de chantiers de particuliers s’étalent sur deux week-ends : ce seul paramètre peut condamner le travail.
Le rendement, lui, décide du nombre de pots. Les fiches publient 9 à 12 m²/L pour Sikkens, 12 m²/L pour Syntilor, et 16 m²/L pour Tollens — cette dernière valeur étant mesurée selon la norme NF T 30-073, avec un extrait sec de 61 ± 2 % en volume (FT Tollens, septembre 2022). Le calcul est direct :
Volume par couche (L) = surface développée (m²) ÷ rendement (m²/L), puis multiplié par le nombre de couches.
Prenons une surface développée de 10 m² — valeur d’exemple à mesurer chez vous, deux faces comprises pour des volets. En deux couches, cela donne environ 1,7 L avec un rendement de 12 m²/L, entre 1,7 et 2,2 L dans la fourchette 9-12 m²/L, et environ 1,3 L à 16 m²/L. L’écart entre le meilleur et le moins bon rendement fait basculer l’achat d’un pot à deux. Le « 10 m²/L » générique répété de page en page n’est donc pas une approximation innocente.
Le nombre de couches varie aussi selon la logique du produit : Syntilor prescrit deux couches garnies en extérieur (contre une en intérieur), tandis que Tollens propose un produit microporeux 2-en-1 applicable sans sous-couche, sauf sur bois denses et tanniques. Budget et durée de chantier ne se comparent qu’à protocole complet, pas au prix du litre.
Où trouver la fiche technique d’un produit acheté en grande surface de bricolage : sur le site de la marque, rubrique « produits » ou « documentation », en cherchant la référence exacte inscrite sur l’étiquette — les distributeurs la mettent rarement en ligne, les fabricants presque toujours. Cinq lignes à lire en priorité : fenêtre de température et d’hygrométrie, délai de recouvrement minimal et maximal, rendement, nombre de couches, préparation exigée selon le support.

Ponçage et décapage : le volet sécurité que personne ne traite
Aucune des pages consacrées à ce sujet n’aborde le risque principal du chantier, qui n’est ni la peinture ni le solvant : la poussière de bois. Les poussières de bois sont classées cancérogènes avérés pour l’homme (groupe 1 du CIRC) et peuvent provoquer des cancers naso-sinusiens ; elles constituent l’une des trois premières causes de cancers professionnels reconnus après l’amiante (INRS, mise à jour du 10/11/2022).
La valeur limite d’exposition professionnelle réglementaire est fixée à 1 mg/m³ sur 8 heures par l’article R. 4412-149 du code du travail (INRS). Cette valeur s’impose aux employeurs, pas au particulier qui ponce ses volets un samedi — mais elle donne l’ordre de grandeur de ce qui est considéré comme acceptable, et un ponçage à sec de plusieurs mètres carrés dans un garage fermé en est très loin.
Quatre mesures transposables à un chantier domestique, dont trois figurent dans la fiche technique elle-même : privilégier le ponçage humide quand le support le permet, aspirer à la source plutôt que balayer, travailler en zone ventilée, porter une protection respiratoire. Sikkens recommande explicitement le ponçage humide et la ventilation contre les poussières et les fumées (FT Sikkens, octobre 2019), et Syntilor recommande le port d’un masque antipoussière lors des opérations de découpe et de ponçage (FT Syntilor, octobre 2019).
Le décapage thermique ajoute un risque distinct : il génère des fumées en plus des poussières, et concentre l’exposition sur la zone de travail. Il se pratique dehors, jamais en local fermé, et jamais sans ventilation.
Un cas impose de s’arrêter : les menuiseries de bâtiments anciens susceptibles de porter d’anciennes peintures au plomb. Cette page ne permet pas de poser un diagnostic — ni sur l’âge du film, ni sur sa composition. Faire analyser, ou faire intervenir un professionnel, est la seule réponse sérieuse. L’organisation professionnelle du métier en France est l’UPMF-FFB, qui regroupe plus de 7 200 entreprises de peinture, revêtement de sol, façade et isolation thermique par l’extérieur, réparties dans 97 chambres ou sections professionnelles départementales (UPMF-FFB, Fédération française du bâtiment) — un point d’entrée utile pour trouver une entreprise près de chez soi.
Entretenir, repasser, et choisir un produit moins impactant
Le rythme d’entretien découle de la famille retenue au tout début. Une lasure non filmogène se rafraîchit : nettoyage, égrenage léger, une couche. Un film opaque écaillé ne se rafraîchit pas, il se décape avant de repasser un système complet. C’est pourquoi le choix initial engage davantage que le choix de la teinte : il fixe la nature des chantiers des quinze prochaines années.
Le contrôle annuel se concentre sur quatre points faibles, toujours les mêmes : les arêtes vives, où le film s’amincit ; les bas de volets, exposés aux rejaillissements ; les assemblages de portail, qui travaillent ; les pieds de bardage, en contact avec les projections du sol. Une reprise ponctuelle sur ces quatre zones coûte infiniment moins qu’une réfection générale.
Côté impact environnemental, la référence neutre est la fiche de synthèse ADEME « Bricolage et décoration : impacts environnementaux et labels », dans son volet peintures et vernis, qui présente les principaux impacts, les étapes clés du cycle de vie et retient deux labels : l’Écolabel européen et NF Environnement (ADEME, édition octobre 2020). Ces labels garantissent un cahier des charges environnemental — ils ne préjugent pas de la durabilité du film dehors.
Trois informations coexistent donc sur un même pot, et il faut résister à la tentation de les confondre : le label environnemental (démarche de cycle de vie), l’étiquette sanitaire A+ à C (émissions dans l’air intérieur, obligatoire depuis le 1er septembre 2013 (ministère de la Transition écologique)) et la performance de durabilité en extérieur, qui ne se lit que dans la fiche technique et dans la classification issue de la NF EN 927-1. Trois questions différentes, trois réponses différentes.
Les trois erreurs qui reviennent le plus souvent tiennent en une ligne chacune : une teinte trop sombre sur une surface ensoleillée, en contradiction avec la règle du NF DTU 59.1 ; une deuxième couche appliquée après le délai maximal de recouvrement ; une application en fin de journée, quand l’hygrométrie remonte et que la température chute sous le seuil du produit. Aucune des trois ne se voit le jour même — toutes se paient deux hivers plus tard.
Dernier repère, pour éviter les transpositions hasardeuses : les règles ci-dessus valent pour l’extérieur. Les logiques d’intérieur sont différentes, du plafond de COV à la préparation, et sont traitées séparément dans nos articles sur la peinture d’un escalier en bois et sur la peinture d’une porte intérieure. Un produit prévu pour l’un ne se substitue pas à l’autre, même sur le même bois.
Sources
- Union européenne — Journal officiel (directive 2004/42/CE), texte intégral PDF en français — Annexe II A : depuis le 1.1.2010, teneur maximale en COV de 130 g/l en phase aqueuse et 300 g/l en phase solvant pour les « peintures intérieur/extérieur pour finitions et bardages bois ou métal » (sous-catégorie d) ; 130/400 g/l pour les vernis et lasures de finition y compris lasures opaques (e) ; 130/700 g/l pour les lasures non filmogènes (f) ; à comparer aux 30 g/l des peintures mates intérieures. L’annexe I définit la lasure opaque par renvoi à la « catégorie semi-stable » de la norme EN 927-1 et la lasure non filmogène par un film moyen inférieur à 5 µm selon EN 927-1:1996. (Directive du 21 avril 2004, JOUE L 143 du 30/04/2004 ; valeurs de phase II applicables depuis le 01/01/2010 — PDF téléchargé et lu le 12/09/2026)
- Légifrance — Arrêté du 29 mai 2006 relatif à la réduction des émissions de composés organiques volatils dues à l’utilisation de solvants organiques dans certains vernis et peintures et dans les produits de retouche de véhicules — Texte français qui transpose la directive 2004/42/CE et fixe les délais d’application des valeurs limites de concentration en COV ; les annexes chiffrées ne sont pas reproduites sur la page et renvoient au fac-similé du Journal officiel du 30 mai 2006 (à citer pour l’opposabilité en France, les valeurs étant prises sur le texte européen). (Arrêté du 29 mai 2006, version consultée à jour au 16/09/2020 — page lue le 12/09/2026)
- INRS — Institut national de recherche et de sécurité — Les poussières de bois sont classées cancérogènes avérés pour l’homme (groupe 1 du CIRC) et peuvent provoquer des cancers naso-sinusiens ; elles constituent l’une des trois premières causes de cancers professionnels reconnus après l’amiante. La valeur limite d’exposition professionnelle réglementaire est de 1 mg/m³ sur 8 heures (article R. 4412-149 du code du travail). (Page mise à jour le 10/11/2022 — consultée le 12/09/2026)
- AFNOR (Norm’Info) — NF EN 927-1 — Titre exact : « Peintures et vernis — Produits de peinture et systèmes de peinture pour le bois en extérieur — Partie 1 : classification et sélection ». Norme publiée, statut en vigueur. Elle prescrit un système de classification des produits et systèmes de peinture pour surfaces extérieures en bois par catégories d’usage final, d’aspect et de conditions d’exposition, et définit les composants d’un système multicouche (couche primaire, sous-couche, finition). (Publiée le 13/04/2013 — fiche consultée le 12/09/2026)
- AFNOR (Norm’Info) — NF DTU 59.1 P1-1 — Titre exact : « Travaux de bâtiment — Revêtements de peinture en feuil mince, semi-épais ou épais — Partie 1-1 : cahier des clauses techniques types ». Couvre les travaux de peinture en extérieur comme en intérieur, en neuf et en rénovation, sur tous subjectiles dont le bois, dans toutes les zones climatiques françaises. Norme publiée le 22/06/2013, confirmée le 30/11/2018, réexamen prévu en 2028. (Publiée le 22/06/2013, confirmée le 30/11/2018 — fiche consultée le 12/09/2026)
- Sikkens / AkzoNobel — fiche technique « Peinture Bois Extérieur » (résines alkyde et acrylique en dispersion aqueuse) — Application en extérieur entre +5 °C et +35 °C, hygrométrie inférieure à 80 % HR. COV : limite UE de 130 g/l pour la catégorie A/e, produit contenant au maximum 30 g/l. Rendement pratique 9 à 12 m²/litre par couche ; sec au toucher environ 2 h, recouvrable environ 6 h. Mise en œuvre renvoyée au NF DTU 59.1 (NF P 74-201-1 et 2), avec la règle explicite : « seules les teintes ayant un indice de luminance lumineuse Y ou LRV supérieur à 35 % sont admises » sur surfaces exposées au soleil. Test de détrempe à l’alcool à brûler obligatoire sur anciennes lasures, décapage imposé en cas de détrempe. Recommande le ponçage humide et la ventilation contre les poussières et fumées. (Version 001, octobre 2019 — PDF téléchargé et lu le 12/09/2026)
- Tollens (Cromology Services) — fiche technique « Peinture Extérieure Bois », résines alkydes en phase solvant — COV : valeur limite UE pour ce produit (catégorie A/d) de 300 g/l depuis 2010, produit contenant au maximum 299 g/l. Rendement 16 m²/litre mesuré selon la norme NF T 30-073. Séchage à 20 °C et 65 % HR : sec au toucher 6 h, sec recouvrable 24 h. Extrait sec 61 ± 2 % en volume. Produit microporeux sans sous-couche (2-en-1), avec sous-couche glycéro préconisée sur bois denses et tanniques pour limiter les remontées de tanin. (Fiche technique mise à jour en septembre 2022 — PDF téléchargé et lu le 12/09/2026)
- Syntilor — fiche technique « Peinture Bois Microporeuse », résine polyuréthane en phase aqueuse — Ne pas appliquer à une température inférieure à 12 °C ni supérieure à 25 °C. En extérieur, s’assurer que le bois est sec : 3 jours minimum de beau temps avant application et aucun risque de pluie dans les 24 h suivantes. Deux couches garnies en extérieur, une en intérieur ; ne pas dépasser 48 heures entre les couches. Rendement 12 m²/litre par couche ; séchage au toucher 30 min, entre couches 2 h, complet 24 h. Préparation : ponçage grain 80 sur bois brut ou film dégradé, grain 120 sur film sain ; port d’un masque antipoussière recommandé lors des opérations de découpe et de ponçage. (Fiche technique d’octobre 2019 — PDF téléchargé et lu le 12/09/2026)
- Ministère de la Transition écologique — L’étiquetage obligatoire des émissions en polluants volatils s’applique depuis le 1er septembre 2013 (arrêté du 19 avril 2011, articles R. 221-22 et suivants du code de l’environnement). Il concerne les produits de construction et de décoration destinés à un usage intérieur, dont les peintures et vernis, et classe les émissions de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions). L’absence d’étiquette constitue une contravention de 5e classe. À utiliser pour démontrer que cette étiquette porte sur l’air intérieur et non sur la tenue en extérieur. (Page publiée le 10/08/2020, mise à jour le 28/09/2020 — consultée le 12/09/2026)
- ADEME — Agence de la transition écologique, fiche de synthèse « Bricolage et décoration : impacts environnementaux et labels » (volet peintures et vernis) — Fiche ADEME présentant, pour les peintures et vernis, le champ des produits concernés, les principaux impacts environnementaux, les étapes clés du cycle de vie et les labels environnementaux recommandés par l’ADEME (Écolabel européen et NF Environnement) avec leurs garanties. Sert de référence neutre pour la section « choisir un produit moins impactant ». Les valeurs chiffrées détaillées figurent dans le PDF joint à la notice, à ouvrir avant toute citation de chiffre. (Édition octobre 2020, mise en ligne le 19/11/2020 — page consultée le 12/09/2026)
- UPMF-FFB — Union professionnelle des métiers de la finition (Fédération française du bâtiment) — L’organisation professionnelle des métiers de la peinture en France est l’UPMF-FFB, qui regroupe plus de 7 200 entreprises de peinture, revêtement de sol, façade et ITE, réparties dans 97 chambres ou sections professionnelles départementales, et dont les missions incluent l’information des adhérents et l’adaptation aux évolutions techniques et réglementaires. Utilisable pour la section « quand faire appel à un professionnel ». (Page institutionnelle, éléments datés 2024 — consultée le 12/09/2026)



